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Gratuité de la maternité : un programme aux progrès tangibles et à l’exécution mitigée

Par Osée Kabamba | mai 17, 2026 | Dossier
Photo d'illustration

En vue de lever les barrières financières qui entravent l’accès aux services de santé, particulièrement aux femmes enceintes et aux nouveau-nés, le président Félix Tshisekedi a lancé le 05 septembre 2023 la gratuité des soins maternels et la prise en charge du nouveau-né, qui sont le premier volet de la Couverture Santé Universelle (CSU).

Piliers du programme d’accès aux soins de santé pour tous, le budget annuel initial de la gratuité de l’accouchement est de 42 millions de dollars uniquement pour la capitale Kinshasa, ville pilote. Sur toute l’étendue du pays, l’enveloppe s’élève à 200 millions de dollars l’an.

Aux premiers mois de son lancement, ce programme phare du deuxième quinquennat de l’actuel chef de l’État a été au cœur d’une controverse, laissant entrevoir l’ombre d’une exécution mitigée dès sa mise en œuvre.

Tragédie au lancement du programme

À peine quelques mois après son lancement à Kinshasa, le 04 février 2024, Annie Tshidibi, une infirmière du centre hospitalier Akram, est décédée tragiquement au Centre Hospitalier Universitaire Renaissance. Devant ce drame, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba désigne comme coupable le personnel soignant dont la négligence aurait conduit à cette tragédie. Alors que les gestionnaires de l’hôpital pointent du doigt l’inadéquation du plateau technique pour une meilleure prise en charge de la patiente. Car la gratuité a entraîné un engouement vers les hôpitaux où elle est effective.

C’est notamment la raison évoquée à la clinique Ngaliema où la patiente était conduite peu avant d’être ramenée au CHU Renaissance où elle a succombé. La mesure disciplinaire de l’autorité de tutelle n’a pas tardé. Le ministre de la Santé a immédiatement suspendu les médecins directeurs de deux établissements. Toutefois, cette sanction n’aura été que de courte durée. Quelques semaines plus tard, le ministre Samuel Roger Kamba est revenu sur sa décision.

De leur côté, le personnel soignant continuait d’alerter sur l’insuffisance du plateau technique. Un préalable qui aurait dû être pris en compte, en amont, pour une meilleure prise en charge de la mère et de l’enfant.

Une salve de suspension temporaire des soins gratuits suite aux arriérés de paiements

Entre fin mai et début juin 2025, certains hôpitaux dont le centre hospitalier Monkole ainsi que les structures confessionnelles privées ont suspendu partiellement la gratuité de soins suite aux arriérés de paiement non réglés par le Fonds de solidarité de la santé (FSS).

Si visiblement chacun essaie de tirer le drap de son côté, l’application de ce premier volet de la Couverture santé universelle n’était pas sans bémol. Entre le mois de novembre 2023 et février 2024, les établissements hospitaliers accusaient déjà un retard de paiement.

Ces accusations sont rejetées en bloc par le ministre Roger Kamba. Assurant qu’en dépit de des difficultés financières dues à la guerre d’agression rwandaise, le FSS n’a pas cumulé des arriérés allant jusqu’à 8 mois.

Le nombre des bénéficiaires en constante évolution

Au-delà des défis rencontrés dans sa mise en œuvre, la tutelle souligne néanmoins les avantages du programme de gratuité des soins maternels et néonatals. Près de 6 mois après le lancement de ce programme, le Ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba assurait déjà que le gouvernement de la RDC avait pris en charge 13.000 femmes en moyenne chaque mois.

Jusqu’à décembre 2024, près de 1,3 millions de femmes avaient bénéficié du service de gratuité de la maternité. La même source renseigne qu’en avril 2025, le nombre de bénéficiaires avoisinait les deux millions, soit « 1,7 million de mères et enfants » pris en charge.

Des perspectives prometteuses

En dépit des défis à surmonter, le Gouvernement rassure sur la continuité de ce programme visant à réduire la mortalité infantile. Et les chiffres annoncés à ce jour impressionnent.

En somme, cette réforme stratégique majeure a déjà permis à plus de 3 millions de femmes, dans 14 provinces du pays, d’accéder aux soins, aux spécialistes et d’accoucher gratuitement.

À ce jour, la prise en charge entièrement gratuite des accouchements dans les structures de santé a réduit de 5 % le taux de mortalité néonatale dans les zones de mise en œuvre effective, d’après les données du ministère de la santé publique.

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