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ÂGE, DÉMOGRAPHIE, PAUVRETÉ, PRÉSENCE DE LA NÉPRILYSINE… DES CHERCHEURS CONGOLAIS ÉTABLISSENT LE PROFIL DE LA DÉMENCE EN RDC

Par Osée Kabamba | juillet 30, 2026 | À La Une, Découverte
Photo d'illustration

Le rythme effréné de la vie en République Démocratique du Congo, particulièrement à Kinshasa, n’est pas sans conséquence sur la santé mentale et cognitive des populations.

C’est dans ce cadre qu’une conférence-débat s’est tenue le mercredi 30 juillet à l’Université de Kinshasa, sous l’initiative du Professeur Jean Ikanga et de son équipe de la Recherche sur l’étude du Vieillissement Cognitif et Démence au Congo (EVCD-RDC).

Axé sur le thème : « Vieillir avec sa tête en RDC. Défis cliniques et socioculturels du diagnostic du vieillissement cognitif et de la démence », ces échanges ont permis de présenter le profil de la démence en RDC et de dégager des pistes de solutions adaptées aux réalités locales.

Entre pressions économiques, instabilité sociale et exposition répétée aux traumatismes, les Congolais sont de plus en plus confrontés à des troubles liés au vieillissement cognitif.

Pourtant, la démence demeure une pathologie encore peu étudiée dans le contexte africain, particulièrement en RDC, où les profils cliniques disponibles sont majoritairement issus des pays européens et américains, explique le Professeur Jean Ikanga. Les milieux et les réalités vécues par chaque population étant différents, la démence en RDC possède un profil spécifique.

« Nous voulions un peu avoir le profil de la démence au Congo. Savoir si cela existe et que faire pour prévenir cette maladie. Mais aussi où aller quand il y a des signes qui se présentent », a-t-il renchéri.

Professeur Jean Ikanga, en interview devant la presse, après la conférence du mercredi 29 juillet à l’Unikin.

Au nombre des facteurs modifiables et non modifiables à prendre en compte pour cartographier la démence dans le pays figurent l’âge, la génétique, la démographie, la pauvreté et l’environnement.

Outre la pauvreté, les recherches menées par le chercheur et son équipe indiquent que parmi les facteurs psychiatriques, on compte aussi l’exposition aux traumatismes ou à la dépression non soignée, qui expose les personnes âgées de 40 à 50 ans à la maladie d’Alzheimer.

Au niveau biologique, la présence de la néprilysine (MME), une protéine identifiée chez les personnes atteintes de démence en RDC, constitue un marqueur important. Oublis, hallucinations et déficit cognitif caractérisent le portrait psychiatrique des personnes atteintes de ces troubles en République Démocratique du Congo.

Pour stimuler son cerveau, le Professeur Ikanga recommande la lecture, l’étude, la prière, la curiosité et la participation aux conférences… autant d’activités qui permettent de rester intellectuellement actif, tout en prévenant la survenue des maladies neurologiques comme la démence et l’Alzheimer.

La prévention étant le meilleur moyen d’éviter ces troubles, le Professeur et son équipe préconisent le dépistage précoce, ainsi que la création de filières en gériatrie et en gérontopsychiatrie dans les facultés de médecine sur toute l’étendue du territoire national.

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