EXASPÉRÉS, LES MÉDECINS DU CHUR ADRESSENT UN ULTIMATUM D’ARRÊT DE TRAVAIL À ARMAND LAMBERT KITENGE
Les médecins du Centre Hospitalier Universitaire Renaissance (CHUR), ex-Mama Yemo, menacent de suspendre leurs activités si le retard de paiement de leurs honoraires et le flou sur la gestion financière de l’hôpital persistent.
À travers une correspondance, la Cellule de l’Ordre des médecins et trois syndicats des médecins (SYNAMED, SYMECO, SYLIMED) ont adressé, lundi 19 octobre, un ultimatum d’arrêt de travail au directeur général du CHUR, Armand Lambert Kitenge. Ils exigent que ce dernier régularise la situation relative à la paie des primes des médecins et instaure la transparence dans le circuit financier de la structure hospitalière.
Du constat amer vers une décision radicale
Après plusieurs démarches improductives menées par la Cellule de l’Ordre et les délégués des structures syndicales, la communauté médicale de l’hôpital public est montée au créneau. Dans leur missive, les médecins du Centre Hospitalier Universitaire déplorent « le retard récurrent et non justifié dans la paie des primes et honoraires du personnel, le refus d’accorder la gestion effective des honoraires des médecins à la Cellule de l’Ordre des médecins ainsi que le manque de transparence dans la gestion des finances ».
Hormis le problème lié au circuit financier, la corporation médicale réunie au sein de l’hôpital fustige « le manque de courtoisie à l’égard du personnel et de ses représentants ».
Brandie comme une innovation majeure par le comité dirigeant, la digitalisation du système de paiement des 3 450 membres du personnel de l’établissement public engendre un autre problème. Les médecins dénoncent « la double retenue des frais par Orange Money, en plus de la charge paie représentant 1 % de la rémunération ». Selon la correspondance, l’agent se voit prélever d’autres frais lors du retrait.
Exigences fermes pour éviter la paralysie des services
Pour éviter l’arrêt des services, la Cellule de l’Ordre des médecins et les structures syndicales exigent le paiement des primes et honoraires du personnel dans un délai de sept jours après la clôture du mois, qui intervient le 25ème jour.
Les représentants des médecins du CHUR restent intransigeants. Ils demandent que la gestion de leurs honoraires revienne à la Cellule de l’Ordre, « partant de la production à la rémunération », précisent-ils.
Insistant sur le respect des textes et du personnel soignant, la missive appelle à la démission sans condition du superviseur de la commission de paie de l’hôpital afin d’assainir et d’instaurer une traçabilité dans la gestion des finances. La correspondance adressée au numéro un de l’hôpital est sans équivoque ; « À défaut de régularisation ou d’une proposition concrète, crédible et pérenne de règlement de nos desiderata au plus tard le 30 octobre prochain, nous nous réservons le droit d’arrêter le travail », conclut-elle.
Des réformes contestées par le personnel dans un climat de tensions liées à la gestion de l’hôpital
Sur fond de réformes visant à optimiser le fonctionnement de l’ex-Hôpital général de référence de Kinshasa, la direction générale dresse un bilan largement positif de sa gestion. Un avis qui ne fait pas l’unanimité au sein du Centre Hospitalier Universitaire. Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent pour dénoncer une gestion défaillante et un management coercitif.
Deux ans après sa nomination à la tête du CHUR, Armand Lambert Kitenge reste dans le viseur de la corporation médicale et des syndicats militant pour les droits des travailleurs. Dans un mémorandum adressé au président de la République le 2 juillet dernier, les délégués syndicaux et le représentant de la Cellule de l’Ordre des médecins alertaient sur certains faits de gestion jugés préoccupants.
Sur la liste des griefs, le mémo dénonce un partenariat déséquilibré avec la Maison Horizon Massamba pour la construction d’un funérarium, le morcellement du garage, un projet de vente d’une partie du terrain de football appartenant à l’hôpital et la construction d’une boulangerie au sein du Centre Hospitalier Universitaire Renaissance.
Si aucune solution n’émerge au plus tard le 30 octobre, le Centre Hospitalier risque d’être paralysé. L’arrêt des services des médecins, couplé à la grève en cours des autres catégories professionnelles, engendrerait une crise sans précédent dans l’un des plus grands hôpitaux publics du pays.
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