LES SAGES-FEMMES, PILIERS DE LA CSU ABANDONNÉS À LEUR SORT
Marginalisées et souvent reléguées au second plan, les sages-femmes en République démocratique du Congo se disent complètement délaissées.
Lors d’un entretien téléphonique accordé ce lundi 3 août à la rédaction de Infos Santé Plus, le Professeur Louis Lubieno, Secrétaire général du Syndicat national des sages-femmes de la RDC (Synasafco), explique qu’à l’issue d’une évaluation, les secrétaires exécutifs provinciaux de la structure syndicale ont dressé un tableau sombre de la situation globale de ces professionnelles indispensables au sein des maternités.
La vague de décès constatée parmi les sages-femmes à travers le pays depuis le début de l’année interroge sur les conditions de travail que ces praticiennes jugent particulièrement critiques, notamment avec la mise en œuvre de la gratuité de la maternité, premier volet de la Couverture Santé Universelle (CSU).
« Ces derniers temps, chaque mois ou presque, on nous informe du décès de sages-femmes. Entre jeudi et vendredi derniers, nous avons appris la disparition de trois sages-femmes, respectivement dans les provinces de Kinshasa, du Kongo-Central et du Kwilu. Au cours de nos discussions, nous avons évoqué, entre autres, la mauvaise prise en charge et les conditions difficiles de travail comme étant l’une des principales causes », explique le Professeur Louis Lubieno.
Déplorant le manque d’assistance du gouvernement lors de l’inhumation de ces praticiennes, le secrétaire général du Synasafco renchérit : « Depuis le lancement de la gratuité de la maternité, les sages-femmes travaillent durement, avec des surcharges liées à l’augmentation du taux d’accouchements. Parmi elles, la grande majorité n’a ni salaire ni prime. »
À cela s’ajoute la précarité financière, une gangrène qui peine à être éradiquée dans le secteur de la santé. Selon le secrétaire général du syndicat, l’absence de salaires et de primes pour la majorité, ainsi que les montants dérisoires liés à la gratuité (10 000 à 20 000 FC), aggravent la situation.
Face à cette crise, le syndicat interpelle les autorités sur l’urgence d’améliorer les conditions de vie et de travail de ces praticiennes. Le secrétaire général annonce qu’un sit-in est envisagé prochainement devant le ministère de la Santé et celui de la Fonction publique pour dénoncer cette situation.
Depuis le mois de janvier à ce jour, le Synasafco renseigne qu’au total 25 sages-femmes ont perdu la vie, conséquence directe de la précarité de leur rémunération et des surcharges de travail.
Professionnelles de premier plan, indispensables pour les accouchements, les sages-femmes exigent que justice leur soit rendue afin de retrouver leur dignité.
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