RDC : les Sages-femmes réclament engagement et prime liée à la gratuité de la maternité
Au moment où le monde fait face à un déficit mondial de sages-femmes, en RDC environ 2 000 de ces professionnels qualifiés sont au chômage. Alors que le gouvernement congolais a lancé depuis septembre 2023 la gratuité de la maternité, premier volet de la Couverture Santé Universelle, le Professeur Louis Lubieno, secrétaire général du Syndicat national des Sages-femmes de la RDC (SYNASAFCO), fait part des défis qui touchent ces professionnels de la santé dans un entretien accordé à Infos Santé Plus, en marge de la Journée internationale des sages-femmes célébrée chaque 5 mai.
Depuis la réforme du programme de formation des sages-femmes en 2015, l’effectif de ces professionnels qualifiés a augmenté en RDC. Pourtant, un grand nombre demeure encore au chômage, au profit d’une main-d’œuvre non qualifiée.
« Le pays a voulu former des sages-femmes pour répondre à un besoin ; les mêmes sages-femmes sont laissées au chômage », s’est-il indigné.
Un autre problème gangrène cette profession : la rémunération des sages-femmes dans les hôpitaux. À en croire Louis Lubieno, 85 % ne perçoivent ni prime ni salaire.
Il explique : « Il n’y a pas d’honoraires au niveau des hôpitaux. À présent, c’est la prime liée à la gratuité que nous attendons. »
Au-delà du retard de paiement des sages-femmes, le secrétaire général du SYNASAFCO s’insurge contre les gestionnaires des hôpitaux qui s’emparent de 60 % de l’enveloppe destinée au fonctionnement des établissements, fonds dont une bonne partie devrait revenir aux sages-femmes, acteurs majeurs de la gratuité de la maternité.
Au lieu d’envoyer ce fonds aux comités de gestion des hôpitaux, le Professeur Lubieno suggère, au nom des sages-femmes, la création d’une prime de la gratuité destinée directement au personnel.
La rédaction
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