MAUVAISE UTILISATION DU TÉLÉPHONE EN MILIEUX HOSPITALIERS : UN DRAME SILENCIEUX
Tribune d’expression libre de maître Charles OMAMBO LOSEKE, Consultant-Formateur, Spécialisé en Droit sanitaire, Jurisconsulte et Coordonnateur FONDACOL.
La Fondation Charles OMAMBO LOSEKE, en sigle FONDACOL, à travers son Département : Centre Régional Africain pour la Sécurité des Patients, les Droits des malades et des Soignants, se donne entre autres missions, la contribution scientifique et professionnelle aux systèmes de santé africains.
Les professionnels de santé traitent toutes les sortes de drogues illégales chez leurs patients, sans se rendre compte de celle qui empoisonne la grande majorité parmi eux. C’est l’addiction au téléphone et aux réseaux sociaux dont certains ne peuvent plus se départir.
Phénomène mondial d’addiction aux réseaux sociaux, les soignants y sont victimes comme d’autres catégories professionnelles et sociales. La particularité, c’est que cette situation cause d’énormes victimes parmi les patients en consultation, en examen ou en hospitalisation.

La concentration du personnel est partagée, et en pratique, le téléphone vaut plus que les malades. La sagesse enseigne qu’on ne peut pas suivre deux lièvres à la fois, le téléphone et le malade.
Nous soutenons que le Patient-Roi est le centre de gravité autour duquel tournent tous les spécialistes en santé, quels qu’ils soient. Leurs titres, grades, fonctions et responsabilités n’ont de sens qu’en rapport avec les patients.
Ces derniers temps, le secteur de la santé en République Démocratique du Congo est en ébullition à cause des revendications légitimes, salariales et administratives. Nous soutenons fermement celles-ci.En revanche, nous rappelons que sans malades ni maladies, vous ne valez absolument rien. Alors veuillez leur accorder l’attention qu’ils méritent.
Trop d’erreurs de consultations, de diagnostics, de résultats d’examens biologiques et psychiques, d’imageries médicales, de mélanges de médicaments et de mauvaises voies d’administration avec de graves conséquences sur les malades sont observées.
On téléphone tout en injectant un produit ; on passe 5 heures sur les réseaux sociaux au détriment des tours des salles ; les femmes accouchent elles-mêmes à l’hôpital alors que les soignants surfent sur leurs téléphones…
On prend les images des malades dans les blocs opératoires et on publie. On prend les images de la femme en couche et on publie. On prend les images des dépouilles mortelles et on publie. On publie les certificats et les rapports, on publie tout, en oubliant qu’il y a un code du numérique, qu’il y a un code pénal, qu’il y a des réparations civiles pour atteinte à l’honneur et à la dignité.
Cette situation ne devrait plus être tolérée. Elle est désagréable, très préjudiciable. Nous alertons les comités de gestion des hôpitaux, cliniques et centres de santé d’ouvrir l’œil et le bon.
Cette situation est à la fois le vol du temps de travail pour lequel le personnel sera payé sans prester et la négligence des malades qui vous apportent de l’argent.
Il faudrait instaurer des directives claires sur l’utilisation des téléphones pendant les heures de service.
Toute utilisation non liée aux besoins du service devrait être réglementée. À cet égard, nous avons mis en place un guide stratégique.
Les patients et leurs proches devraient être exigeants, car il s’agit de leur santé, celle qui est irremplaçable.
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