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L’ACCÈS ET LE FINANCEMENT DE LA SANTÉ PENDANT LA PREMIÈRE ET LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE AU ZAÏRE

Par infossanteplus | juillet 14, 2026 | À La Une, Tribune
Photo d'illustration

Par Maître Charles OMAMBO LOSEKE, Consultant-Formateur, spécialisé en droit sanitaire, écrivain et défenseur des droits des malades et des soignants.

Faisant suite à la série commencée par le plaidoyer pour la gratuité des soins en faveur des vulnérables spécifiques et les mécanismes de financement de la santé pendant l’époque coloniale, nous allons passer en revue le même thème pendant les deux premières Républiques dans notre pays.

La Sécurité des patients et la protection juridique des professionnels de santé, ouvrage de Me Charles Omambo

Pendant la première République du Congo, de 1960 à 1965, il n’y avait pas une définition claire et cohérente du système de santé. Celui-ci était calqué sur le modèle du Congo belge, partagé entre l’État et les missions religieuses catholiques et protestantes.

Le budget de l’État était trop faible. Le jeune État, étant encore très fragile, devait affronter les sécessions katangaise et kasaïenne, les mutineries, la déchéance du gouvernement légitime, l’instabilité gouvernementale. Le personnel belge de la santé s’était retiré, il y a eu rupture de financement de l’État belge. C’était la catastrophe.

En milieux ruraux, c’était la gratuité ou le paiement très faible en nature. En milieux urbains, c’était l’apparition du ticket modérateur dans les hôpitaux publics. Cela signifiait que le malade payait un peu et l’autre partie était subventionnée.

Pendant la deuxième République, de 1965 à 1997, il y a des phases.

La première phase allait de 1965 à 1974. C’était la centralisation à outrance du pouvoir politique et la zaïrianisation. C’est l’âge d’or sur le plan sanitaire avec les recettes du cuivre.

La gratuité était assurée. L’État zaïrois avait signé des conventions avec les églises. Il payait les salaires et les églises géraient les hôpitaux. C’était le système intégré. C’est pendant cette période que l’Institut national de sécurité sociale fut créé.

Il était censé couvrir les risques sociaux des travailleurs affiliés : maladie, maternité, accident de travail, vieillesse, décès et promouvoir l’action sociale et sanitaire.

La deuxième phase allait de 1974 à 1990. C’est la phase de la crise et du déclin. La zaïrianisation, la radicalisation, la rétrocession, la chute brutale du coût du cuivre provoquaient la baisse sensible des recettes publiques et de la part affectée à la santé.

C’est l’apparition du système de paiement direct. Le malade devait tout acheter. C’était la période de l’autonomie des hôpitaux publics. C’est aussi l’apparition des honoraires et de la taxation des actes. Tout se vend, tout s’achète.

C’est la débrouille. Les ONG, les mutuelles de santé apparaissent. Le système de santé dépendait essentiellement des malades, des églises et des partenaires extérieurs.

La troisième phase allait de 1990 à 1997. Effondrement de l’État, pillages, hyperinflation, grèves, rébellions. Les salaires des agents de santé étaient trop faibles et irréguliers. C’était le paiement direct total. D’où l’omniprésence des ONG et de l’aide extérieure.

En conclusion, il y a eu plusieurs phases dans le financement et l’accès aux soins de santé dans les deux premières Républiques. L’âge d’or était de 1965 à 1974 : la gratuité garantie par l’État. Puis vint le déclin et des mécanismes contributifs alternatifs.Les Églises catholiques et protestantes, et par la suite d’autres églises kimbanguistes, salutistes, etc., ont joué un rôle crucial dans la santé du peuple congolais.

Cette série sera clôturée avec le système sanitaire de la troisième République.

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