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L’ACCÈS ET LE FINANCEMENT DE LA SANTÉ DU CONGO-BELGE AU CONGO-ZAÏRE-RDC : SYNTHÈSE DU PARCOURS

Par infossanteplus | juillet 21, 2026 | À La Une, Tribune
Photo d'illustration

Tribune de Maître Charles OMAMBO LOSEKE, Avocat, Chercheur et Consultant-Formateur Spécialisé en Droit sanitaire, Jurisconsulte et Auteur.

Au terme de ce long voyage dans la réflexion menée sur les mécanismes d’accès et de financement de la santé en RDC, passant de l’époque coloniale aux trois Républiques que nous avons connues, une synthèse s’impose afin de fixer les esprits.

Le constat le plus significatif est que les Congolais, depuis des millénaires, se soignent de façon traditionnelle. Ils ont survécu à toutes les épidémies sans concours étranger.

C’est une vérité difficile à accepter par certains qui pensent que la RDC a commencé à exister à partir de la colonisation. Non, les Congolais ont toujours vécu. Chaque tribu avait sa façon particulière d’assurer sa santé, de prévenir et de soigner les maladies.

La conclusion à ce stade est de valoriser nos ressources naturelles et d’en recourir autant que faire se peut, car elles répondent mieux à notre rapport avec la transcendance, l’autre et l’environnement.

Toutes les autres formes de médecine sont étrangères à notre essence fondamentale. Elles ont aussi leurs inconvénients autant que la nôtre.

Ensuite vient la colonisation, un fait non souhaité qui s’était imposé à nous sans demander notre avis. Elle nous a amené la médecine dite moderne ou occidentale.

Celle-ci nous a rendu et continue à nous rendre des services indéniables. Notre actuel système de santé est le produit du colonisateur. Nous lui devons de la reconnaissance.

L’État belge, en collaboration avec les missions religieuses catholiques et protestantes, a supporté tout le poids lourd du financement de la santé.

Pendant cette période, la gratuité ou un paiement très symbolique était de mise. L’accent était aussi mis sur les mécanismes de prévention des maladies par des mesures d’hygiène et d’assainissement.

À côté des missions, les grandes entreprises minières et agricoles avaient la charge obligatoire de soigner leurs travailleurs.

La colonisation s’est terminée de façon rocambolesque. La rupture était trop brutale dans le financement, le rapatriement du personnel soignant et la fourniture des médicaments.

La première République est née dans le sang, dans les sécessions, les mutineries, l’intervention des troupes belges, la présence des soldats des Nations Unies, les rébellions et les changements incessants des gouvernements.

Dans ces conditions catastrophiques, le financement de la santé était assuré par l’OMS, l’UNICEF et d’autres partenaires.

Quand le Président Mobutu prend le pouvoir d’État par un coup d’État, il prend les choses en main, rétablit l’ordre, organise l’armée, relance la production, notamment du cuivre.

Pendant dix ans, l’État finance la santé. Les soins sont gratuits. L’État signe des conventions avec les Églises pour la gestion des hôpitaux.

Avec la chute du cours du cuivre, la Zaïrianisation, la radicalisation, le renforcement de la dictature, l’État se relâche. Il lance l’autonomie des hôpitaux, instaure les honoraires dans les hôpitaux publics.

Le patient supporte tout le poids du système de santé par le paiement direct de tout : consultation, examens, traitement, hospitalisation, médicaments, nourriture, lingerie…

Les mutuelles de santé et les ONG voient le jour et prennent le relais. Les Églises traditionnelles continuent à assurer les soins, non plus gratuits, mais plus consciencieux.

La rébellion de l’AFDL naît dans le Kivu. Le génocide rwandais. Les réfugiés. Les déplacés internes.

Un vide se crée. Il est rempli par des ONG, des partenaires extérieurs, des humanitaires.

La situation se complique avec les rébellions qui occupent de vastes espaces du pays dans une économie de cueillette.

Vient la stabilisation. L’amorce. La libéralisation de l’assurance. La loi sur les mutuelles de santé est promulguée. La SNSS et la SNSSAP voient le jour.

C’est l’assurance obligatoire des secteurs privé et public. La CSU est lancée. La gratuité partielle est expérimentée. Trop d’organes voient le jour pour encadrer cette CSU.

Pendant ce temps, les malades supportent presque tout le poids de leurs soins, hormis l’accouchement gratuit qui peine à s’installer.

En fait, la population est la victime de tous ces errements et troubles politiques. L’État fait de son mieux pour sauver les meubles. Les mutuelles de santé participent à leur façon.

Les missions religieuses catholiques et protestantes ont été et sont la colonne vertébrale du système.

L’assurance obligatoire est en plein déploiement. L’assurance privée est en plein essor. Les cliniques privées se déploient pour les riches dans un esprit purement commercial.

Le chemin parcouru est long. Celui qui reste à parcourir l’est encore. L’espoir est permis.

Ces éclaircissements sont ma contribution scientifique à la compréhension du système. Je le fais gratuitement depuis des années. C’est ma part de citoyen.

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