KINSHASA « HÔPITAUX SANS MÉDECINS » : UNE GRÈVE SÈCHE QUI INQUIÈTE
Lancée depuis le 24 juin dernier sous le format de polarisation des urgences, la grève des médecins affiliés au Syndicat national des médecins (Synamed) entre effectivement dans sa phase de durcissement ce mardi 7 juillet.
Ce matin à Kinshasa, plusieurs services ont tourné au ralenti dans les hôpitaux publics, suite à l’absence des blouses blanches. Au sein des urgences du Centre hospitalier universitaire Renaissance (CHUR, ex-Mama Yemo), la quasi-totalité des salles affichent des lits vides.

Les patients ont déserté les lieux depuis l’annonce de la grève partielle. Dans les urgences pédiatriques, le constat est glaçant : aucun malade à l’horizon, seuls les médecins stagiaires occupent l’espace. Le couloir et le parking, habituellement bondés dans l’un des plus grands hôpitaux de la capitale, connaissent une affluence réduite.

Pendant que certains gardes-malades demandent le transfert de leurs proches vers des structures privées, le docteur Umba, secrétaire sectionnaire adjoint du Synamed au CHU Renaissance, impute cette situation au silence du gouvernement.
Satisfait du respect du mot d’ordre du bureau national du syndicat, il explique : « Les gens ne viennent pas parce qu’ils savent que les médecins sont en grève. Il y a des urgences qui peuvent arriver la nuit. En tout cas, nos équipes font rentrer les gens pour leur dire qu’ici, les médecins ne reçoivent pas. »

Même ambiance au Centre hospitalier Mère et Enfant de Barumbu, où le médecin directeur assure seul les consultations prénatales. Assise à la réception, sans sa tenue de travail, la docteure Nadège Lingonda, sectionnaire financier du Synamed au sein de ce centre Hospitalier est venue constater l’effectivité de la grève.

« Le bureau provincial nous a instruit de passer dans nos institutions pour vérifier l’effectivité de la grève. Lors de notre tour, nous avons constaté que le mot d’ordre a été respecté : il n’y a aucun médecin. Je suis la seule médecin présente », a-t-elle confié à Infos Santé Plus.
Dans les hôpitaux publics, les représentants du Syndicat national des médecins sont unanimes ; les médecins affiliés, ainsi que l’ensemble de la corporation, doivent maintenir la pression jusqu’à l’obtention d’une solution crédible de la part du gouvernement.
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