HÉPATITE VIRALE : LA TUEUSE SILENCIEUSE QUI GUETTE PRÈS DE 12 MILLIONS DE PERSONNES EN RDC
Silencieuses, invisibles mais implacables, les hépatites virales s’imposent comme un problème majeur de santé publique dans le monde et particulièrement en République démocratique du Congo.
Figurant parmi les principales causes infectieuses de mortalité dans le monde, juste derrière la tuberculose et le VIH, en 2025, environ 287 millions de personnes recensées vivent avec l’hépatite virale B ou C à travers le monde. En Afrique, on estime à 70 millions le nombre de personnes atteintes.
Considérée comme un pays à forte endémie, la RDC compte à peu près 12 millions de personnes exposées ou atteintes, soit une prévalence située entre 3 et 10 % de la population. Elle est classée parmi les cinq nations africaines les plus touchées par les hépatites virales, dans le Rapport mondial sur l’hépatite en 2026 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Pourtant, l’accès aux soins appropriés reste très limité. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales mercredi 28 juillet dernier, le docteur Pascal Tshamala, directeur du Programme national de lutte contre les hépatites virales (PNLHV), avait alerté sur le coût onéreux des traitements.
Au-delà de l’inaccessibilité des soins de qualité, le PNLHV mise sur le dépistage en vue d’éradiquer les hépatites virales d’ici 2030, ou, à défaut d’y parvenir, le programme de lutte ambitionne d’aligner le pays sur la voie de l’élimination totale de cette maladie virale.
Transmises par contact avec le sang ou lors de rapports sexuels non protégés avec une personne infectée, à leur phase aiguë les hépatites virales se manifestent par une coloration jaune de la peau et des yeux (jaunisse), de la fatigue et des vomissements. Ces virus peuvent provoquer une inflammation soudaine du foie, avec une évolution généralement brève mais parfois sévère.
En cas d’infection chronique, la maladie peut passer inaperçue pendant une longue période suite à l’absence de symptômes. Les complications des hépatites virales (B et C) sont la cirrhose et le cancer du foie.
Toutefois, les données de l’OMS font une révélation inquiétante; depuis 2015, les décès liés à l’hépatite B ont augmenté de 17 % en raison du diagnostic et du traitement limités dans plusieurs pays.
Pour sa part, l’Africa CDC estime que l’élimination de l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 reste possible.
Afin d’y parvenir, l’agence spécialisée de l’Union africaine chargée de la santé publique appelle les gouvernements « à développer le dépistage et le traitement, garantir à chaque nouveau-né une première dose de vaccin à la naissance, renforcer les systèmes de surveillance et de laboratoire, accroître les investissements et les partenariats nationaux, et protéger les mères, les nouveau-nés et les populations les plus vulnérables. »
En attendant, l’hépatite virale continue de faire des ravages à travers le monde. Selon l’OMS, rien qu’en 2024, 1,3 million de personnes sont décédées des suites d’hépatites virales B et C. Environ 85 % étaient des décès liés à l’hépatite B.
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