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GRATUITÉ DE LA MATERNITÉ EN PÉRIL : LES SAGES-FEMMES EN GROGNE

Par Osée Kabamba | septembre 23, 2026 | À La Une, Santé, Syndicats
Photo d'illustration

Ce mercredi 23 septembre, le Syndicat national des sages‑femmes de la RDC (Synasafco) a tenu un sit‑in devant l’immeuble du gouvernement pour revendiquer une amélioration de leur situation socioprofessionnelle.

La liste des revendications est exhaustive ; gratuité de la maternité, recrutement des sages‑femmes au chômage, création d’une sous‑commission spécifique. Les blouses roses réclament également la mécanisation et la régularisation de la situation de plus de 2 000 sages‑femmes matriculées mais non payées, ainsi que la réorganisation de la prime liée à la gratuité de la maternité.

Pour le professeur Louis Lubieno, Secrétaire général du Synasafco, le retard qu’accuse la majoration des primes vient enfoncer le clou aux inquiétudes des sages-femmes. Seuls 30 % de la majoration promise ont été versés. Le passage à 100 %, initialement prévu pour 2025, accuse un retard important.

« La sage‑femme qui est au four et au moulin, après trois mois, touche entre 15 000, 5 000 voire 300 francs congolais de la prime de la gratuité », fustige‑t‑il.

Outre la non‑application des indemnités de transport et de logement, de nombreuses professionnelles restent “nouvelles unités” après 20 ans de service. Tandis que qu’une autre frange, bien que matriculées depuis 2008, ne perçoivent toujours pas de salaire alors que des matricules plus récents sont rémunérés.

Le non‑paiement de la prime de brousse, l’absence d’avancement en grade et les difficultés liées au départ à la retraite faute de moyens complètent la liste des revendications des sages‑femmes.

Les sages-femmes en manifestation en face de l’immeuble intelligent en début de matinée de mercredi 23 septembre 2026.

Alors que la gratuité des soins maternels nécessite la mobilisation accrue de ces professionnelles, selon le syndicat, plus de 1 600 sont actuellement au chômage sur les 7 000 sages‑femmes qu’il a recensées dans le pays.

L’occasion faisant le larron, le numéro un du syndicat national des sages‑femmes dénonce un décalage entre les rapports officiels transmis au Chef de l’État et la réalité précaire du terrain.

Souvent classées parmi les « autres catégories professionnelles », les sages‑femmes réclament une autonomie budgétaire.

« Le secrétaire général à la Santé, qui est le président de la commission interministérielle chargée des négociations avec les membres du gouvernement, devrait songer à créer une sous‑commission propre aux sages‑femmes, parce que nous sommes une catégorie médicale à compétences définies », a tranché le professeur Louis Lubieno.

La délégation de sages‑femmes a été reçue par l’inspecteur général à la Santé et des conseillers ministériels, délégués par le ministre de la Santé publique Roger Kamba.

Les discussions entre banc gouvernemental et syndicats du secteur santé se poursuivront. La coordination de l’Intersyndical est attendue demain pour discuter avec la tutelle des revendications communes à toutes les catégories professionnelles et particulièrement des sages‑femmes.

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