FACE AUX RISQUES DES AVC : DE LA PRÉVENTION À LA RÉADAPTATION, LES KINÉSITHÉRAPEUTES EN PREMIÈRE LIGNE
De la prévention à la réadaptation en passant par les activités physiques, les kinésithérapeutes ont été sensibilisés, mardi 8 septembre, sur leur rôle face aux maladies cardiovasculaires et à l’accident vasculaire cérébral (AVC).
Lors des assises organisées à Kinshasa par l’Union des Kinésithérapeutes de la RDC (UKC), en marge de la Journée mondiale de la kinésithérapie, praticiens et experts ont rappelé l’urgence d’une approche globale contre les maladies cardiovasculaires et l’AVC.
Les participants ont tour à tour exposé, entre autres, sur la prévention de l’AVC, l’importance de l’activité physique adaptée pour réduire les risques cardiovasculaires et prévenir les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que la réadaptation fonctionnelle post-AVC.
Intervenant aux assises organisées par l’Union des Kinésithérapeutes de la RDC, Gilbert Mananga, neuropsychiatre et professeur d’université, a alerté sur les conséquences dévastatrices de l’accident vasculaire cérébral, première cause de handicap moteur chez l’adulte en RDC.
« J’ai lancé un message sur le stress qui est le moteur silencieux, à mon avis, de ce qui se passe, parce que l’explosion des accidents vasculaires cérébraux, l’explosion de l’hypertension artérielle, du diabète, de l’hypercholestérolémie », a souligné le professeur en neurologie.

Le neuropsychiatre a insisté sur le fait que cette pathologie frappe des individus en âge de travailler, ce qui entraîne une précarité immédiate pour leurs familles. Sur la base des enquêtes menées dans la capitale congolaise, l’expert remet en question les causes classiques comme la sédentarité, inadaptée au mode de vie actif des Kinois, pour désigner le stress chronique comme principal moteur de l’explosion des maladies cardiovasculaires.
« Dans les causes qu’on incrimine, il y avait, par exemple, le sédentarisme. Mais la population de Kinshasa ne peut pas être sédentaire. Ce n’est pas vrai. Parce que tout le monde est en mouvement. Et pourtant ces gens-là sont quand même exposés aux accidents vasculaires cérébraux », a-t-il expliqué.
Ce stress, explique-t-il, est alimenté par le quotidien des populations. Des facteurs structurels tels que l’insécurité, le manque d’accès à l’eau et à l’électricité. Pour le neuropsychiatre, il faut changer de fusil d’épaule. Il prône une transition d’une médecine de réhabilitation vers une médecine de prévention afin d’agir sur les causes en amont plutôt que de traiter uniquement les séquelles.
Expliquant le rôle de l’activité physique adaptée dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires et les AVC, la professeure Betty Miangindula du département de médecine physique et de réadaptation de l’Unikin a, au cours de son exposé, soutenu que la prévention reste la priorité, car la guérison totale après ces pathologies demeure incertaine.
« J’ai insisté sur le rôle de l’activité physique pour prévenir ces maladies. Parce que mieux vaut prévenir que guérir. Généralement, dès qu’on a cette maladie, la guérison n’est pas évidente. Donc, il faut des moyens pour prévenir. »

Au cours de son exposé sur le rôle de l’activité physique.
En outre, l’experte en médecine physique a précisé que la meilleure prévention consiste à prendre en compte tous les facteurs de risque « notamment l’environnement, l’environnement alimentaire, l’environnement physique, l’alimentation et puis les nuisances sonores qui provoquent ce qu’on appelle le stress », a-t-elle renchéri.
Par ailleurs, l’activité physique est également recommandée dans la prise en charge des patients souffrant des séquelles des AVC. La professeure soutient qu’elle favorise la récupération clinique et l’amélioration de la condition physique générale du patient. Sa pratique régulière permet une meilleure forme mentale et physique, facilitant ainsi la réinsertion sociale du malade.
Pour sa part, Félicitée Bofosa, Présidente de l’Union des Kinésithérapeutes de la République démocratique du Congo a appelé les physiothérapeutes congolais à revoir leur manière de travailler, « afin de mettre un accent particulier dans la prévention, pour permettre aux malades d’éviter les complications et les séquelles qui ne leur permettent pas d’être intégrés dans la société avec toutes leurs fonctions. »
Un travail en amont qui aidera à limiter les conséquences irréversibles des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux.

Accorder à la réadaptation une place de choix dans les soins de santé serait tout à l’avantage de la population. Raison pour laquelle l’UKC plaide en faveur de la couverture des kinésithérapeutes dans toutes les structures de santé de la République démocratique du Congo.
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